Les résidents se sentent parfois délaissés.

Nathalie Amiet

Comment s’organise la vie d’un EMS du canton en pleine crise du Covid-19? Interview de Nathalie Amiet, infirmière-cheffet à la Fondation La Résidence.

Comment se déroule la vie dans votre EMS au temps du Covid-19?

Cela nous demande beaucoup de travail, surtout du point de vue organisationnel. Nous nous adaptons constamment aux normes sanitaires pour protéger nos résidents, qui sont un public à risque. Pour respecter les mesures de distanciation sociale, nous avons par exemple revu l’organisation des chambres, la manière de prendre les repas ou l’animation des activités. Toute la vie de La Résidence est profondément transformée.

Dans ces conditions, garantir les soins est compliqué?

La qualité des soins que nous dispensons n’est pas une option, mais une exigence! La principale difficulté, c’est que les mesures de distanciation nécessitent du personnel. Pour maintenir nos animations et respecter les deux mètres entre chaque personne, nous avons dû former plusieurs petits groupes. Et animer un plus grand nombre d’ateliers demande du personnel supplémentaire. Mais nous arrivons! Les collaborateurs se démultiplient. J’ai constaté un grand élan de solidarité et beaucoup de professionnalisme à La Résidence.

Comment vos résidents vivent cette situation?

Ils sont coupés de l’extérieur, de leur famille. C’est douloureux comme situation, car ils se sentent parfois délaissés. Nous organisons régulièrement des vidéoconférences pour qu’ils restent en contact avec leurs proches, mais cela ne remplace pas la chaleur d’un contact physique. Nous avons aussi des résidents en foyer de jour. Dans un premier temps, nous l’avions fermé pour éviter les contaminations. Mais pour leurs proches aidants, ces occupations sont nécessaires pour éviter l’épuisement. Vous savez, le chemin à suivre pour faire juste est étroit. C’est vraiment notre défi au quotidien depuis l’apparition du virus.

Et du côté des collaborateurs?

Ils vivent une période stressante, aussi sur le plan psychologique. Ils redoutent d’amener le Covid-19 dans nos murs ou dans leur famille. Ils doivent donc être extrêmement vigilants tout en continuant d’être disponibles auprès de leur famille et dévoués dans leur travail. C’est vraiment compliqué et ils méritent notre pleine reconnaissance!