Une application pour garder le contact.

Luis Barros

« Notre outil digital nous a permis de maintenir le contact entre nos résidents et leur famille », Luis Barros, infirmier chef et directeur adjoint des Fritillaires au Locle.

Vous êtes infirmier chef et directeur adjoint aux Fritillaires. Pourquoi assumez-vous cette double fonction?

Cela correspond à mon parcours professionnel. Suite à ma formation en soins infirmiers, je me suis intéressé à la gestion des établissements, en suivant des postgrades en gestion d’équipe et en direction d’institutions socio-sanitaires pour ensuite assumer la responsabilité de directeur adjoint aux Fritillaires. J’ai ainsi l’avantage d’avoir une vision globale de la gestion d’un établissement médico-social, tant du point de vue des soins que du financement.

Qui sont les résidents des Fritillaires?

Nous remplissons une mission psycho-gériatrique. Nos résidents ont tous des troubles cognitifs qui demandent un encadrement et un accompagnement médical spécialisé. Il y a quelques années, nous avons aussi ouvert un accueil de jour pouvant accueillir quatre ou cinq personnes par jour. Il nous semblait fondamental de pouvoir accueillir pour la journée des personnes âgées qui se trouvent dans une situation de fragilité. Les intégrer dans un groupe permet de soulager leur entourage et de les maintenir à domicile plus longtemps.

Justement, aujourd’hui le maintien à domicile est favorisé. Qu’en pensez-vous?

Tout le monde désire rester le plus longtemps possible à la maison. Il est cependant nécessaire d’être conscient de deux problématiques. D’une part, le maintien à domicile nécessite l’existence d’infrastructures qui soulagent et accompagnent les bénéficiaires et leurs proches. D’autre part, plus nous maintenons les personnes âgées à domicile, plus elles viennent tard dans un EMS, ce qui implique une adaptation de l’offre des soins. Nous constatons aujourd’hui que nos résidents ont besoin de soins très spécialisés. Pour répondre à votre question, je dirais que le maintien à domicile est une excellente stratégie mais elle demande à l’ensemble du réseau socio-sanitaire de s’adapter.

Comment avez-vous vécu la crise du Covid-19?

Nous avons par chance été épargnés par le virus. Aucun résident ni aucun membre du personnel n’a été atteint, ce qui nous a considérablement simplifié la tâche. Nous étions également bien préparés car nous avions tout le matériel sanitaire en réserve. Des masques, du gel hydro-alcoolique et des blouses de protection. Pour notre institution, les enjeux étaient donc moins sanitaires, mais plutôt sociaux. Nous voulions que nos résidents gardent le contact avec leurs proches.

Comment avez-vous donc fait?

Nous avons une application privée Omeris et moi qui permet aux résidents et à leurs familles de rester en contact, d’échanger des photos, vidéos ou d’envoyer des messages de manière totalement sécurisée. Cet outil digital s’est avéré très précieux. Toutefois, rien ne remplace les vrais contacts humains. C’est pour cette raison que nous avons organisé des visites dans le respect des normes sanitaires. Il nous semblait essentiel d’organiser des rencontres car nos résidents, atteints de troubles de la mémoire, ne comprenaient pas pourquoi ils ne voyaient plus leurs proches. Cette période s’est donc bien passée, mais je ne vous cache pas que nous sommes contents de retourner vers une situation plus proche de la normale.