Je n’ai jamais lu un article sur le stress de la rentrée dans un home !

Pour Sylviane Méreaux, infirmière cheffe au Home Bellevue au Landeron, travailler comme infirmière dans un EMS c’est vivre pleinement son métier.

Quelle est la mission d’une infirmière cheffe au Home Bellevue ?

Je suis avant tout garante de la qualité des soins auprès des résidents. C’est ma priorité. Ensuite, je gère une équipe composée d’environ 30 personnes et je mets en place l’encadrement pour les stages et les apprentissages. Enfin, je suis aussi sur le terrain. Mon métier, c’est infirmière et je ne peux concevoir cette mission sans être au contact des résidents tous les jours. D’ailleurs, vous l’avez constaté, je suis en blouse blanche !

Le profil de l’infirmier-ère a changé ces dernières années ?

Oui et heureusement. D’exécutant-e, l’infirmier-ère est devenu-e un praticien réflexif. Notre formation nous permet d’évaluer une situation de soins. Notre métier est revalorisé, mais ce changement date déjà d’il y a 30 ans.

Existe-t-il un profil de l’infirmier-ère en EMS ?

Les jeunes préfèrent les hôpitaux, plus prestigieux, mais ils sont souvent cantonnés dans des actes délégués. Dans un home médicalisé, vous êtes autonome. Vous êtes confrontés à une grande variété de situations et c’est extrêmement formateur. Je pense que le travail de l’infirmier-ère dans ces lieux de vie est mésestimé par les gens du métier.

La population des résidents a-t-elle aussi évoluée ?

Sans aucun doute. Au début de ma carrière professionnelle, certaines personnes passaient de la retraite au home pour ne pas rester seules. Cela n’existe plus. Les résidents qui sont acceptés sont actuellement plus âgés donc plus dépendants et demandent plus de soins. Leurs séjours se raccourcissent.

Quelle est votre relation aux résidents ?

La relation reste primordiale. Je le répète souvent « nous devons travailler avec nos tripes et notre cœur ». Écoutez, la colocation à 20 ans ce n’est pas toujours évident. Imaginez à 80 ans ! Les nouveaux résidents vivent un stress extrêmement brutal. Les médias évoquent chaque année le stress de la rentrée scolaire. Je n’ai jamais lu un article sur le stress de la rentrée dans un home ! Débarquer du jour au lendemain dans un endroit inconnu avec sa vie dans une valise, c’est compliqué à assumer. Notre devoir est de les accompagner, de leur faire raconter leur histoire et de leur apporter de la sérénité, en plus des soins bien entendu. J’apprécie cette maxime « nous devons apporter des soins dans un lieu de vie et pas un peu de vie dans un lieu de soins ». À méditer.